Risques psychosociaux (RPS) : ce qu’il faut retenir !

Ce que l’on appelle risques psychosociaux ou RPS sont les éléments pouvant porter atteinte à l’intégrité physique et à la santé mentale des salariés d’une entreprise. L’ensemble de ces risques peuvent prendre des formes diverses : l’un des RPS les plus connus, le stress, mais aussi le harcèlement, l’épuisement professionnel et dans le pire des cas la violence au travail. Dans la plupart des situations, ils sont à la source de plusieurs maux et pathologies : troubles du sommeil, dépression, troubles musculo-squelettiques, nervosité, irritabilité, palpitations, maladies psychosomatiques, etc. Avec la transformation du monde du travail et les changements qu’elle implique tels que la complexité grandissante des tâches et des missions, la réduction du temps de repos ou encore les exigences accrues de la clientèle, les risques psychosociaux sont devenus incontournables pour les entreprises.

1 – QUELQUES CHIFFRES SUR LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX

  • 45% des actifs français déclarent devoir (toujours, souvent) se dépêcher.
  • 25% déclarent devoir cacher leurs émotions, faire semblant d’être de bonne humeur (toujours, souvent).
  • 10% disent devoir faire des choses dans leur travail qu’ils désapprouvent.
  • 30% signalent avoir subi au moins un comportement hostile dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois.
  • 25% disent devoir faire appel à d’autres en cas d’incident.
  • 25% craignent de perdre leur emploi.

Pour aller plus loin, les RPS correspondent à des situations de travail où se retrouvent de manière combinée ou non :

  • Du stress : qui se traduit par un déséquilibre entre la perception qu’un salarié a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’il a de ses propres ressources pour y faire face et y répondre.
  • Des violences internes à de l’entreprise, commises par des salariés : cela peut se traduire par du harcèlement moral, du harcèlement sexuel, des conflits exacerbés entre des personnes ou des équipes.
  • Des violences externes à l’entreprise, commises par des personnes extérieures sur les salariés : ces violences peuvent prendre la forme d’insultes répétées, de menaces voire d’agressions…

2 – LES FACTEURS DE RISQUES

La confrontation à ces événements ou situations de travail ont souvent des conséquences sur la santé des salariés de l’entreprise, particulièrement en termes de maladies cardio-vasculaires, de troubles musculo-squelettiques, de troubles anxio-dépressifs, d’épuisement professionnel, voire de suicide.

Ce qu’il est important de mettre en lumière c’est que les RPS sont souvent imbriqués, c’est-à-dire qu’ils ont des origines similaires comme la surcharge de travail, le manque de clarté dans la définition et le partage des tâches, le mode de management, etc. Ces risques peuvent interagir entre eux, c’est ainsi que le stress, par exemple, peut favoriser l’émergences de violences entre salariés, salariés qui vont, par conséquent, faire monter le niveau de stress global au sein de l’entreprise.

Les facteurs à la source des RPS sont nombreux et évoluent à la même allure qu’évolue le monde du travail. Des travaux récents menés par des experts proposent de les regrouper en 6 catégories :

  • Intensité et temps de travail
  • Exigences émotionnelles
  • Manque d’autonomie
  • Rapports sociaux au travail dégradés
  • Conflits de valeurs
  • Insécurité de la situation de travail

En fonction des situations et des conditions de travail, les facteurs de RPS peuvent se compenser, par exemple, on peut trouver une exigence forte de la part de la Direction mais un soutien social très élevé. Mais ils peuvent aussi se renforcer avec par exemple un niveau d’exigence très élevé et une absence de reconnaissance totale des efforts et du travail. Plusieurs études montrent qu’ils deviennent davantage dangereux pour la santé si : 

  • Ils s’inscrivent dans la durée.
  • Ils sont subis (ex : une infirmière supportera la confrontation à la maladie mais aura du mal à subir la désorganisation dans son service).
  • Ils sont nombreux (l’accumulation est un facteur aggravant).
  • Ils sont incompatibles (ex : forte demande de productivité et de faibles bénéfices en retour = déséquilibre).

3 – LES CONSÉQUENCES POUR LE SALARIÉ ET L’ENTREPRISE

Dans des situations très sévères voire catastrophiques dans certaines entreprises, les effets des facteurs de risques psychosociaux sur la santé des travailleurs peuvent être révélés via des études qualitatives et évalués sur la base d’études épidémiologiques.

Les RPS, peuvent également avoir des répercussions organisationnelles, économiques pour l’entreprise et s’ils ne sont pas pris en compte à temps les répercussions peuvent avoir un coût conséquent pour la société dans son ensemble. Les risques psychosociaux jouent donc un rôle dans la désorganisation des entreprises et des collectifs de travail, au sein des entreprises où ils sont présents on peut constater :

  • Une augmentation de l’absentéisme.
  • Une augmentation du turn-over.
  • Des difficultés dans le remplacement ou le recrutement de nouveaux salariés.
  • Une hausse des accidents de travail.
  • Une démotivation.
  • Une baisse de la créativité.
  • Une dégradation de la productivité.
  • Une dégradation du climat social (mauvaise ambiance de travail).
  • Des atteintes à l’image de l’entreprise.

4 – LA PRÉVENTION

Les RPS ont aussi des spécificités, que ce soit en termes de facteurs de risque, de réglementation, etc. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire et important de les prendre en compte dans un objectif de prévention. Afin de prévenir les RPS, il est nécessaire de privilégier une démarche collective, axée sur le travail et surtout l’organisation du travail. Cette démarche va s’intéresser à une situation globale de travail et s’intéresser aux principaux facteurs de risques connus.

En parallèle de cette obligation de prévention, d’autres pratiques se développent au sein des entreprises. Des pratiques visant au développement du bien-être ou se penchant sur la qualité de vie au travail. Bien évidemment, si l’absence des RPS est une condition sine qua non au bien-être ou à la qualité de vie au travail, la mise en place de ces nouvelles pratiques relève d’autres enjeux tels que, la performance de l’entreprise, l’égalité hommes/femmes, la conciliation des temps de vie personnelle et professionnelle ou encore la démocratie sociale dans l’entreprise.

Prévenir les RPS, c’est d’abord et avant tout mettre en place des modes d’organisation qui soient favorables à la santé physique et mentale des salariés : travail en équipe, marge de manœuvre suffisante, augmentation de l’autonomie, faire participer les salariés aux décisions les concernant, etc. Une démarche de prévention collective a pour but d’évaluer :

  • Le niveau de risques.
  • D’identifier les sources.
  • De mettre en place un plan d’actions.

Une démarche de ce type va permettre une prévention efficace et durable au sein de l’entreprise.

Mais on peut également aller dans le sens de cette démarche en interne, et surtout au niveau des actions managériales. Jozz fait travailler les managers, lors de ses formations sur la prévention des RPS, sur 9 thématiques sur lesquelles ils ont la capacité d’agir et donc de prévenir :

  • Évaluer la charge de travail : en faisant des points réguliers, en aidant les salariés à établir des priorités, en élaborant collectivement des ajustements.
  • Donner de l’autonomie aux salariés : en les associant aux décisions qui impactent directement leur travail, en leur laissant le plus possible le choix des façons de procéder, en encourageant les remontées d’informations sur les difficultés techniques rencontrées.
  • Soutenir les collaborateurs : en étant le plus possible disponible et à l’écoute, en aidant à analyser les situations (raisons et conséquences) et en participant à la recherche de solutions, puis en apportant son soutien technique.
  • Témoigner de la reconnaissance : par exemple lorsqu’un travail est bien fait, il faut le dire ! En tenant informé des suites données aux contributions des collaborateurs ou encore en les invitant à certaines réunions.
  • Donner du sens au travail : en débattant des critères de qualité ou encore en donnant une place aux salariés dans les décisions qui vont être prises.
  • Agir face aux agressions externes : en ne minimisant pas les actes agressifs, en soutenant les salariés victimes d’agressions et en préparant leur retour au poste de travail.
  • Communiquer sur les changements : en transmettant les informations, en entendant les craintes et en les expliquant et surtout en étant à l’écoute des propositions d’aménagement que font les collaborateurs.
  • Faciliter la conciliation travail et vie privée : en informant les collaborateurs le plus en amont possible d’un changement de planning, en étant vigilant à la prise effective des congés et aux heures supplémentaires et en respectant le droit à la déconnexion.
  • Bannir toute forme de violence : en ne laissant pas perdurer les tensions, en organisant des moments d’échanges collectifs sur le travail, en faisant preuve d’équité et en n’hésitant pas à faire appel à une tierce personne en cas de situation difficile.

5 – LA RÉGLEMENTATION

La réglementation concernant les risques psychosociaux impose qu’ils soient pris en compte au même titre que les autres risques professionnels. Il est donc primordial de les évaluer, de planifier les mesures de prévention adaptées aux besoins et de donner la priorité aux mesures collectives susceptibles de les éviter le plus en amont possible.

Une obligation générale de sécurité incombe à l’employeur (article L.4121-1 du Code du travail). Ainsi, il lui revient d’évaluer les risques, y compris psychosociaux, et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Cette obligation générale repose sur une approche globale de la prévention des risques professionnels. Ici il ne s’agit pas seulement de rechercher la conformité à des obligations précises mais d’obtenir le résultat attendu, à savoir : assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale.

Au-delà des dispositions générales évoquées ci-dessus, la prévention des RPS pourra s’appuyer sur des dispositions concernant la prévention de certains facteur de risques, et c’est notamment le cas de la réglementation sur :

  • Certains modes d’organisation (travail de nuit).
  • Les relations de travail (principe de non-discriminations, interdiction du harcèlement moral et sexuel et obligation de les prévenir).
  • La prévention des risques liés au bruit.
  • La prévention des risques liés au travail sur écran.

Ce cadre réglementaire permet d’apprécier les infractions qui pourront éventuellement être sanctionnées. Ce sont moins les effets des risques psychosociaux en tant que tels qui seront alors appréhendés mais bien le non-respect d’obligations particulières de prévention (non-respect des prescriptions obligatoires relatives au bruit, au travail sur écran…) ou la caractérisation d’infractions précises (agissements de harcèlement moral…). La responsabilité pénale de l’employeur pourra être engagée sur la base de Code du travail ou du Code pénal. Sa responsabilité civile pourra être recherchée en cas de faute inexcusable.

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Source : chiffres issus du site de l’INRS 
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