L’importance du sens au travail

Entrer, avancer et évoluer dans le monde du travail est une aventure exceptionnelle et étroitement liée à la vie personnelle. Cela permet aux individus de mettre en pratique les notions qui leur ont été enseignées pendant leurs études, cela concrétise cet univers souvent décrit comme épanouissant et enrichissant. Travailler donne aussi un rôle dans la société voire même une sensation d’utilité. Dans certains cas, cela développe l’ambition, l’esprit d’initiative, la motivation… mais qu’en est-il du sens au travail ?

Une définition ?

Que signifie cette notion de sens ? Elle est liée à différents points de vue, pour certains « donner du sens au travail » sera interprétée comme une vision institutionnelle, une direction managériale ou telle ou telle pratique commerciale. Mais pour d’autres, cette même notion de sens aura une toute autre définition, elle sera connectée à un cheminement personnel, intime, à un environnement social ou encore à une histoire familiale…

L’étude menée par le cabinet Deloitte et Viadeo en 2017, « sens au travail ou sens interdit », rapporte une définition de cette notion donnée par certains chercheurs : « ce qui est, à un moment donné, éprouvé par un sujet individuel ou collectif, comme la cohérence unifiante d’une situation » (Barus-Michel, 2013).

Un sujet existentiel ? Un phénomène sociologique ?

Dans cette même étude, nous apprenons que pour 56% des salariés le sens au travail s’est dégradé. Sur les 2 329 personnes interrogées, les paramètres qui permettent de donner du sens dans l’activité du travail sont pour 16% apprendre de nouvelles choses, pour 14% la transmission des compétences, toujours pour 14% la reconnaissance au travail, pour 10% intervenir dans un conflit ou aider à le résoudre et enfin pour 8% comprendre ses propres erreurs.

Au-delà du fait que le sens au travail peut être un réel antidote face à certaines pathologies, notamment le « brown-out » (le fait qu’un salarié ne comprenne pas ou plus son travail), notons que pour 80% des salariés français le sens au travail est évoqué dans leurs discussions quotidiennes et que pour certaines entreprises le sujet est dressé en véritable fer de lance.

Plusieurs sociologues avaient annoncé ce phénomène, à commencer par Vincent de Gaulejac, qui écrivait en 2011 : « Le travail se caractérise aujourd’hui par la mobilisation d’un sujet pour remplir les objectifs, appliquer des prescriptions et suivre des consignes. L’œuvre n’est dont plus un objet concret réalisé par un individu isolé, mais le résultat d’un production systémique qui nécessite la collaboration directe ou indirecte de milliers de personnes indifférenciées […]. Dans ce contexte, « faire » devient plus flou, plus abstrait, moins visible ».

L’anthropologue David Graeber a lui aussi annoncé cela et expose, en 2013, la théorie suivante : la société a dû s’adapter aux progrès technologiques et a ainsi créé des métiers inutiles. Dans sa théorie, il vise notamment les secteurs des ressources humaines, du management ou encore une partie des emplois de bureau.

Voici quelques éléments qui nous permettent de valider la thèse du sujet existentiel. Le sens au travail pose aussi ses marques dans les dimensions sociétale, économique et même politique.

Pourquoi a-t-on besoin de trouver du sens au travail ?

Pour l’être humain le sens à une valeur presque vitale, parce vivre n’est pas toujours si facile. Oui, il peut vivre parfois des expériences difficiles voire douloureuses mais la vraie question est celle de sa « finitude », il est né et sait qu’un jour il finira par s’éteindre. L’être humain sait aussi très rapidement qu’il aura des choix à faire des décisions à prendre et sera confronté aux incertitudes des résultats qu’il attendra, le tout au sein d’une société qui, elle, est en demande de résultats !

La quête de sens au travail ne concerne pas uniquement ceux qui ont un emploi mais aussi ceux qui en recherchent un. Et cette question apparaît aujourd’hui, à une époque dans laquelle le travail est une part essentielle de l’existence des êtres humains… cette dimension est parfois même une façon de nous définir… lorsque l’on rencontre une personne, ne commence t-on pas souvent par dire quel est notre métier ? Il arrive même que nous nous sentions obligés d’exagérer pour exprimer à quel point nous nous sentons bien dans nos fonctions professionnelles ! C’est une façon de réciter son pitch afin de mettre en valeur son parcours. S’il arrive que l’on ne soit pas satisfaits par l’image que donne notre activité on est tenté de dire que c’est « juste pour un temps », que la situation va changer. On constate aussi que certaines personnes qui se trouvent sans emploi n’osent même plus sortir car elles ont peur de faire face aux questions, elles préfèrent se couper de tout lien social plutôt que d’avoir à subir la pression qu’exerce la société.

On lit souvent que la notion de sens au travail s’apparente à la réalisation de soi, en découle une idée saugrenue : le « soi » pourrait être découvert en rassemblant toutes les pièces de notre puzzle, ce qui est faux ! Le livre de Dorian Astor, philosophe et écrivain, nous rappelle que « devenir ce que l’on est suppose que l’on ne pressente pas le moins du monde ce que l’on est ». L’action de « devenir », pour l’être humain, ne doit pas se transformer en une démarche de « chercher à réaliser l’idée de ce que l’on est », l’être humain deviendra, en résolvant des problèmes. Il est primordial que « le soi qui réussit », celui imposé par les normes de notre société, ne soit pas un objectif, il est essentiel de se laisser surprendre et même parfois de laisser faire l’imprévu.

Comment retrouver du sens au travail ?

Après avoir exposé ces informations, il est logique de se poser soi-même la question : « quel est le sens de mon travail ? »

Mais elle n’en reste pas moins sensible, il est même parfois difficile d’y apporter une réponse. Pour imager le sens au travail, on pourrait dire que c’est la combinaison entre notre environnement de travail et nos aspirations profondes, nos valeurs propres.

Dans un premier temps, on pourra centrer notre questionnement sur nos valeurs, quelles sont-elles ? Ou définir quelles sont nos traits et forces de caractère, nos vrais centres d’intérêt. C’est en parvenant à définir ce qui a de l’importance pour nous, ce qui a de la valeur dans notre vie que nous pourrons retrouver du sens dans notre activité professionnelle.

Pour nous aider, on pourra, par exemple, demander à notre entourage proche de nous donner 5 caractéristiques qui nous qualifient ou de nous citer des domaines dans lesquels nous excellons. On pourra aussi se poser quelques questions à soi-même :

  • Qu’est ce que j’attends dans le domaine professionnel ?
  • Est-ce que je trouve mon activité utile (pour moi, pour les autres) ?
  • Existe t-il un décalage entre mes besoins, mes aspirations et la réalité ? Si oui, ce décalage est-il grand?
  • Qu’est ce que je peux faire, à court terme, pour diminuer ce décalage ?
  • Qu’est ce qui pourrait donner du sens à ma vie professionnelle ?

Si, même après ce travail, les réponses ne viennent toujours pas, alors il sera certainement temps pour vous de valoriser vos forces et vos compétence au sein d’un autre environnement de travail.

Il est cependant important de noter que tout le monde est différent et que si de nombreuses personnes placent en première place de leur liste de préoccupations le sens de leur travail, d’autres voient leur métier comme un simple emploi et trouvent du sens ailleurs que dans leur activité professionnelle. Toutefois, il est prouvé qu’exercer un métier qui a du sens est une réelle source d’épanouissement pour l’être humain.

Sources : 

https://www.deloitte-france.fr/formulaire/telechargement/etude-sens-au-travail-ou-sens-interdit?_ga=2.69449560.979381479.1569586783-1004820971.156958678

http://www.lefigaro.fr/entrepreneur/2017/11/09/09007-20171109ARTFIG00002-le-sens-au-travail-ou-la-quete-du-graal-des-salaries-francais.php

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