Croyances limitantes : quand nos pensées se transforment en impasse

« La vie est dure, je ne suis pas digne d’y arriver, je n’ai pas le droit à l’erreur, se tromper c’est un échec, je n’y arriverai jamais, le bonheur n’est pas à portée de main, il faut trimer pour réussir, le temps c’est de l’argent, c’est trop beau pour être vrai, l’amour n’est pas fait pour moi… ».

On a tous entendu dire ou dit ce genre de petites phrases n’est-ce pas ? Et bien elles sont ce que l’on appelle des croyances. Malheureusement, dans certains cas, elles peuvent devenir « limitantes », dans le sens où ces dernières vont nous empêcher d’avancer, de créer, elles peuvent saper l’estime de soi, nous rendre aigris ou agressifs, bref elles nous placent automatiquement dans des impasses à notre insu, ce qui parfois peut devenir problématique au quotidien voire dans la réalisation d’un projet.

Qu’est ce qu’une croyance et comment cela fonctionne ?

Commençons par le début en définissant ce qu’est une croyance. Dans le dictionnaire Larousse, une croyance est le : « Fait de croire à l’existence de quelqu’un ou de quelque chose, à la vérité d’une doctrine, d’une thèse ». Si l’on écarte les croyances religieuses et politiques, la croyance résulte de ce que nous avons assimilé et appris, de notre histoire personnelle, de notre éducation familiale et plus largement de nos expériences. Sans entrer dans des concepts psychologiques, les motivations pour lesquelles nous choisissons d’adhérer à telle ou telle croyance sont, notre propre protection et notre propre sécurité. Ce mécanisme inconscient, qui débute généralement avant l’âge de 7 ans, est mis en place, en toute logique, pour nous éviter de souffrir.

Imaginons qu’un enfant voit son père partir très tôt le matin en étant pressé par le temps, il sait alors que son père part travailler pour rapporter de l’argent au sein du foyer. S’il est pressé c’est peut être parce que, le fait de travailler moins de temps aura pour effet de rapporter moins d’argent. L’enfant fera alors le lien entre deux notions, le temps et l’argent, qui donneront naissance à la croyance : le temps c’est de l’argent. En définitive, cet exemple illustre le fait que notre système de croyances se met en place dès notre plus jeune âge.

Tout compte fait, derrière la croyance se cache la peur de soi-même. Lorsque nous constatons un décalage entre ce que nous avons et ce que nous voulons, ou encore lorsque nous ressentons de l’angoisse face à une situation, cela signifie qu’une croyance de l’enfance est bien présente mais surtout que nous l’entretenons. Comme évoqué quelques lignes plus haut, encore faut-il le constater, en prendre conscience… parce que dans la majorité des cas, face à des situations désagréables et récurrentes de la vie, nous n’allons pas nous questionner sur les raisons qui font que nous attirons nous-mêmes ces événements et situations… à la place nous préfèrerons nous plaindre, pleurer, lutter, nous obstiner à continuer dans le même sens. Ces postures nous mettrons immanquablement dans des états de peur, de fragilité et de doutes mais pire encore, nous allons continuer à alimenter nos croyances, c’est ce que l’on appelle un cercle vicieux.

Mais alors, me direz-vous, puisque c’est ancré en nous depuis l’enfance, puisque c’est une sorte de conditionnement et qu’il est inconscient comment nous en défaire?

L’art du changement ou la métamorphose de la croyance

À cette question, je pourrais répondre par quelques phrases empruntées à Guy Corneau, issues de son livre Victime des autres, bourreau de soi-même « La grandeur de l’être intérieur ne se réalise pas en s’apitoyant sur ses propres fautes… Notre vie répond à nos états intérieurs… les épreuves et les doutes font partie du voyage », mais je préfère essayer d’y répondre de manière pratique !

Dans un premier temps, il va falloir conscientiser la croyance et pour ce faire voici quelques questions à nous poser lorsqu’un événement ou une situation difficile intervient dans notre vie :

  • Cet événement m’a privé d’être quoi ? De faire quoi ? D’avoir quoi ?
  • En m’autorisant à faire ce que je veux, que peut-il m’arriver à moi ou aux autres de déplaisant ?
  • Dans le cas où ce résultat déplaisant arriverait, je me jugerais ? Comment les autres me jugeraient-ils ?
  • Est-ce que l’adulte, l’être humain que je suis aujourd’hui croit toujours en cela ?

L’identification

Nous pouvons ensuite faire une liste des petites phrases qui revenaient régulièrement lorsque nous étions enfant, et/ou qui reviennent toujours aussi souvent dans notre famille actuellement. Une fois la liste dressée, nous attribuerons une note sur 10 pour illustrer à quel point nous y croyons… Cela peut nous paraître une solution tout à fait triviale mais en revanche très efficace pour rendre nos croyances conscientes… en effet, une fois couchées sur le papier elles ne pourront plus nous échapper !

La croyance contraire ou la croyance positive

Ensuite, une fois les croyances identifiées, rendues conscientes nous pouvons trouver une croyance contraire pour métamorphoser ou renverser notre croyance initiale, c’est ce qu’on appelle la méthode Coué.

À titre d’exemple, inspirons-nous de l’une des phrases du début de cet article…

« Je n’ai pas droit à l’erreur ! », voici notre croyance limitante ! Et bien, la croyance positive pourrait être : « J’apprends en me trompant » ou encore « le chemin vers la réussite est fait d’erreur » ! Cette croyance positive aura pour bienfaits de créer chez nous de la motivation et de nous donner de l’énergie pour continuer à avancer.

La visualisation

Une autre technique, toute simple, peut nous aider à inverser nos croyances, la visualisation. Cette méthode consiste à visualiser le chemin que nous allons devoir prendre pour atteindre notre objectif de base. Si, par exemple, nous devons maîtriser de nouvelles compétences dans le cadre de notre travail, imaginons-nous en train de suivre un cours ou une formation, de lire un bouquin ou une revue sur le sujet et ensuite visualisons-nous en train de pratiquer ce que nous avons appris. C’est en construisant mentalement le chemin vers notre objectif que la confiance naîtra en nous et c’est de cette manière que nous aurons beaucoup plus de facilités à croire que c’est largement faisable.

Le « fake it until you make it »

La technique du « faire comme si » se résume à agir de la même façon qu’agirait une personne qui n’aurait pas nos propres croyances limitantes. En agissant de cette manière, on transmet un message à notre cerveau et pas l’un des moindres, celui que nos croyances sont fausses. Par ailleurs, le « faire comme si » va aussi permettre de faciliter l’assimilation de nouvelles croyances plus optimistes et pourquoi pas plus positives !

Finalement, les croyances limitantes sont de vrais obstacles à notre accomplissement et à notre épanouissement, qu’il soit personnel ou professionnel… l’intérêt d’en prendre conscience est de parvenir à les neutraliser. D’une manière globale, ce qu’il est important de retenir, c’est que nous devons voir l’échec comme un apprentissage plutôt que comme une limite. Enfin, quittons nous sur une touche méditative voire introspective, Bouddha conclura  donc cet article :

« Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde ».

Sources : 

https://www.lesmotspositifs.com

Victime des autres, bourreau de soi-même, Guy Corneau. Édition Robert Laffont

https://doubletavaleur.com/se-liberer-de-ses-croyances-limitantes/

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