#Presidentielle2017 : à quand un Grenelle du bien-être au travail ?

Jusqu’alors, nous avons très peu entendu parler des intentions des candidats à la présidentielle sur un sujet pourtant devenu incontournable : « Le bien-être au travail ». A l’exception des mesures proposées par Benoît Hamon sur la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, nous n’avons eu aucun écho… Ni dans les programmes, ni lors des débats. Pourquoi ce sujet est-il aujourd’hui une priorité nationale ?

Vu de l’intérieur : des collaborateurs en alerte

Si l’on passe en revue les mesures prises par les entreprises, on s’aperçoit que celles-ci ont, le plus souvent, été mises en place par « réaction ».

Citons notamment les programmes d’accompagnement de la « gestion du stress », mais pour quels résultats durables ? Le mal du siècle se poursuit, le nombre d’arrêts maladie ne cesse de croître : hausse de 17% du taux d’absentéisme entre 2014 et 2015, 20% des salariés arrêtés estiment que leur arrêt est lié à leur travail, aucune mesure de prévention pour 55% des entreprises 1… Tout comme dans le privé, certaines fonctions du public ne sont pas épargnées. Une partie des collaborateurs souffre considérablement, par une forte pression, par manque de ressources, de sens ou de considération.

Reconnaître le rôle du collaborateur, en le plaçant au centre, est une nécessité. Tenter de guérir les maux, une fois les dégâts causés, est insuffisant. Ces maux, qui s’entrechoquent dans une double dimension psychologique et physique, finissent pas s’ancrer profondément d’une façon propre à chaque individu. Défaire les nœuds pour résoudre le mal-être s’avère une tâche presque impossible.

Revenons à la source du problème : Pourquoi ne pas agir en prévention, plutôt qu’en réaction ?

Vu de l’extérieur : l’attractivité des entreprises françaises en péril ?

Notre conviction est de rester positif, loin de toute caricature globale pessimiste. Des entreprises françaises mettent déjà en place de véritables politiques consacrées au bien-être de ses salariés. Pour en nommer quelques-unes, la MAIF, Leroy Merlin et Critéo sont reconnues parmi celles où il fait « bon vivre » en France2. D’autres, comme le Laboratoire Boiron, ont recruté des « Chief Happiness Officer » (CHO), à savoir des Responsables du bien-être en entreprise.

L’univers des start-ups donne une bonne impulsion, tout comme bon nombre d’entreprises internationales. Celles-ci ont bien compris l’enjeu, qui apparaît comme évident : pour recruter les talents, il faut nourrir le bien-être en entreprise. Le sourire apporte la performance.

Pourquoi de nombreuses entreprises françaises ne suivraient-elles pas l’exemple ? L’attractivité de leur entreprise, tout comme celle du pays, est cruciale d’un point de vue économique.

S’appuyer sur les initiatives d’autres pays peut s’avérer fructueux. Penchons-nous sur quelques exemples de nos pays voisins ou plus lointains :

  • Aux USA : figurant parmi les premières recrues de Google, Chade-Meng Tan est le pionner du rôle de C Illustre Monsieur Bonheur, il s’est reconverti dans la méditation. Inutile de revenir sur les performances de Google et ses 92% de parts de marché en 2016…
  • En Belgique : Laurence Vanhée a également tenu le rôle de CHO au ministère belge de la sécurité sociale. En 4 années, elle a érigé le ministère en « l’employeur le plus sexy » du pays. Les résultats financiers, écologiques et humains en ont très largement bénéficié.
  • En Suède : la théorie de Eric Rhenman3 est un modèle basé sur le leadership participatif, le dialogue avec toutes les parties prenantes, une hiérarchie davantage horizontale. Figure emblématique de la RSE, elle a participé au succès d’entreprises comme H&M ou Ikéa.

Pourquoi la France ne pourrait pas associer performance et bien-être en entreprise ? Travaillons sur ce potentiel.

Et si l’Etat organisait un Grenelle réunissant tous les acteurs du monde du travail ?

Tout comme celui de la transformation digitale, commençons peut-être par reconnaître le thème du « Bien-être au travail » comme un véritable sujet de société.

  • Faut-il créer un Ministère dédié ?
  • Faut-il mettre en place un Baromètre National du Bien-être au travail ?
  • Faut-il favoriser fiscalement les entreprises qui se préoccupent du bonheur de leurs salariés ?

L’une des pistes intéressantes serait, selon nous, d’organiser un « Grenelle du Bien-être en entreprise ». Cette rencontre pourrait rassembler les acteurs des entreprises françaises, des dirigeants aux collaborateurs, des partenaires sociaux, des experts RH, des politiques… pour mener des réflexions de fond et faire émerger les bonnes initiatives facteur de bien-être et de performance. Cet événement pourrait trouver un écho démocratique sur un site internet institutionnel, en livrant toutes ces bonnes pratiques à l’attention des acteurs des entreprises.

Pourquoi ne pas imaginer un Prix institutionnel ou un Label reconnu par l’Etat ? Tout comme dans l’univers du travail, les mesures incitatives sont toujours plus efficaces que les mesures pénalisantes.

Emettons des idées, partageons nos réflexions… Et agissons !

Candidats à la présidentielle, dirigeants, collaborateurs : quelles sont vos propositions ?

Sources

Toutes vos idées, sans censure ni jugement, sont les bienvenues ici.

1 Enquête menée par Rehalto et Opinion Way en 2016

2 Le Figaro, Palmarès 2017

3 http://equationdelaconfiance.fr/decryptage/rse-le-modele-scandinave-est-il-le-bon

Recommended Posts
Comments
  • Anne
    Répondre

    Chez La Compagnie on a instauré le petit déjeuner du vendredi. Chaque semaine, une personne apporte les viennoiseries à la machine à café pour créer du lien et renforcer le bien-être au travail. Liam

Espace commentaires

Contactez-nous !

Laissez-nous un petit mot, nous reviendrons vers vous rapidement.

Illisible ? Changez le texte.